Attention aux matières premières en portefeuille
7S7Tout comme les marchés boursiers, les matières premières ont signé un important mouvement de rattrapage en 2009. Au cours des premières semaines de 2010, la tendance semble cependant s’inverser. Que faire des matières premières en portefeuille?
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(mon argent) – Depuis plusieurs années, les investisseurs considèrent de plus en plus souvent les matières premières comme une classe d’actifs à part entière, qui fait partie intégrante de tout portefeuille diversifié. Les gourous tels que Jim Rogers affirment que le rally des matières premières n’est pas encore arrivé à sa fin et devrait se poursuivre plusieurs années. Cela dit, cette affirmation doit être nuancée.
Tout d’abord, précisons que les matières premières ne sont assimilables à aucun autre actif. Il s’agit d’une catégorie particulière, qui se partage à son tour en plusieurs sous-catégories, dont l’énergie, les métaux non ferreux (comme le cuivre), les métaux précieux, les céréales ou le bétail vivant sont les principales. L’évolution de chacune est variable, comme il ressort du tableau. En outre, les perspectives à long terme ont beau être positives, une correction sensible n’est jamais exclue.
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En 2009, les prix de la plupart des matières premières ont progressé rapidement. L’énergie et les métaux précieux ont augmenté l’an dernier de 20% environ (en dollar) mais la prestation la plus notable est celle des non-ferreux (+80%). La raison est évident : à compter de mars 2009, de plus en plus d’analystes ont cru au redressement de l’économie. On sait que l’évolution des prix des métaux est intimement liée au cycle économique. En outre, le marché a évolué au gré des nouvelles relatives aux importants travaux d’infrastructure et à la demande soutenue en provenance de Chine. Le pays asiatique a d’ailleurs exploité les prix faibles pour compléter ses réserves stratégiques.
Prenons l’exemple du cours du cuivre. Avant l’éclatement de la crise, la tonne de cuivre se négociait à plus de 9.000 dollars américains. Il a alors plongé sous les 3.000 dollars, pour ensuite doubler à nouveau son cours en l’espace de six mois à peine. Cette tendance ne s’est d’ailleurs pas limitée au cours du cuivre. L’aluminium, le zinc et le nickel ont connu un parcours similaire.
L’évolution des indices des matières premières
| Return janvier | Return 1 an | |
|---|---|---|
| Energie | -8.25% | 22.27% |
| Métaux industriels (non ferreux) | -8.30% | 79.73% |
| Métaux précieux | -1.36% | 20.90% |
| Produits agricoles | -12.39% | -17.66% |
| Bétail | -0.93% | -8.17% |
(source Bloomberg / Bofa Merrill Lynch Commodity Reserach)
Le tableau illustre cependant que cette tendance s’est inversée récemment. La plupart des sous-catégories se sont repliées sensiblement au cours du mois de janvier. Les métaux non-ferreux, surtout, semblent plus fragiles. Contrairement aux métaux précieux, les producteurs de métaux non-ferreux ont systématiquement développé et perfectionné leur appareil de production au cours des années précédent la crise. L’offre est donc assurée pour les prochains mois. Reste à savoir si la demande restera aux mêmes niveaux que les mois derniers.
L’économie sort lentement de l’ornière et de nombreux observateurs sont désormais convaincus que les marchés sont allés un peu vite en besogne. De plus, on ne sait pas si d’importants acteurs tels que la Chine sont disposés à racheter massivement aux niveaux actuels. Contrairement aux métaux précieux, les non-ferreux ne sont pas considérés comme des valeurs refuge, pour le cas où l’économie s’étoufferait à nouveau. Tout porte donc à croire que les cours des métaux devront au moins s’accorder une période de pause. Certains observateurs vont plus loin et anticipent carrément une correction.
Si vous avez pris, il y a un certain temps, plusieurs groupes miniers (diversifiés) en portefeuille, tels que BHP Billiton ou Rio Tinto et/ou des trackers sur matières premières, il est peut-être temps d’acter (partiellement) vos bénéfices. A en croire l’évolution récente d’Alcoa, on ne peut douter que le marché est très nerveux. Son cours a en effet reflué de 17 à 13 dollars en réaction à la publication de ses résultats trimestriels.
