mercredi 17 mars 2010 20:11 NL

Alimentation et énergie : les prix dérapent en Belgique

BUDGET

Les prix des produits alimentaires, des produits pétroliers et du gaz sont en évolution constante et rapide depuis 2006. Tentative d’explication.

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(m24) - Selon un rapport publié par la BNB (Banque Nationale Belge), depuis 2006, "les hausses des prix des produits alimentaires ont été plus prononcées en Belgique que dans la zone euro, en particulier pour le pain, les huiles, le beurre et le café", en raison d'un excès de réglementation et d'un manque de concurrence dans ce secteur.


Cette évolution ne concerne pas seulement les denrées alimentaires : la hausse des prix du gaz a également été supérieure en Belgique par rapport à celle de la zone euro ces derniers mois. Cette hausse devrait encore s'accélérer en 2008, avec pour conséquence de faire disparaître l'avantage dont bénéficiait la Belgique en termes de niveaux de prix.


Enfin, l’'évolution des prix pétroliers a également connu une accélération en Belgique, même si les prix du mazout de chauffage et du diesel sont encore inférieurs à la moyenne européenne.

 

Un phénomène mondial

L'envolée des prix des denrées alimentaires est un phénomène mondial commencé il y a deux ans et qui s’est accéléré en 2007. Il est dû au pouvoir d'achat croissant dans les pays émergents comme la Chine, mais aussi au développement des biocarburants ou encore à la spéculation sur les matières premières.

D'ailleurs, champion de la hausse, le blé a flambé de 287% sur les marchés mondiaux de matières premières depuis le 1er janvier 2006. Le maïs et le soja ont pris respectivement 149% et 129%, tandis que les prix du riz ont grimpé de 60%, ceux du café de 139% et ceux du jus de fruit de 23%.

 

Explications

Voici plus concrètement une tentative d'explication en 5 volets :

  1. les changements de mode de vie dans les pays émergents comme la Chine : les Chinois consomment de plus en plus de viande. Il leur faut donc plus de bétail, donc plus de maïs, de blé et de soja pour les nourrir, et davantage de surfaces cultivées.
  2. l’impact d’évènement climatiques dramatiques : en particulier la sécheresse et de mauvaises récoltes de blé en Australie. Mais aussi les aléas climatiques touchant la Chine depuis le début de l’année. En effet, après les dégâts causés par les tempêtes de neige de la mi-janvier sur les cultures de colza (Sud), la sècheresse affecte la province de Shandong (Nord), deuxième région productrice de blé en Chine.
  3. la mauvaise anticipation de la PAC (Politique Agricole Commune) : celle-ci a tablé sur une baisse de la demande et a réduit les surfaces cultivables.
  4. la vogue des biocarburants en Europe et aux Etats-Unis : les céréales et oléagineux sont de plus en plus utilisés pour produire du bioéthanol ou du biodiésel. Cette production fait concurrence à une utilisation alimentaire de ces ressources.
  5. l’incertitude économique : les matières premières, y compris alimentaires, sont devenues des valeurs refuge pour les investisseurs.

Cette tendance haussière ne devrait pas s’arrêter tant que la croissance économique des pays émergents sera là. Or, la Chine a enregistré une hausse de son produit intérieur brut de 11% l'an dernier.

 

Vidéo : même tendance en France

 

CS - 12:25 - 26/02/2008 Copyright © monargent.be

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