mardi 09 février 2010 18:23 NL

Et si tout devenait "trop" bon marché?

BUDGET

Ces derniers mois, le consommateur a du subir la hausse des prix d’un grand nombre de produits. Maintrenant que l’inflation semble s’être calmée, de nombreux économistes mettent en garde contre le danger opposé: une chute trop forte des prix. Cela peut sembler une bonne nouvelle au premier abord, mais c’est loin d’être le cas.

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(mon argent/simple dollar/guardian) – A travers le monde, des économistes attendent avec inquiétude la prochaine étape de cette situation économique difficile. Contrairement à ce qui s’est passé ces derniers mois, où les prix ne cessaient de grimper (inflation), l’opposé pourrait se produire: une chute des prix de toutes sortes de produits. Et c’est ici qu’intervient un terme fort craint: la déflation.

Pour le consommateur, cela ressemble plutôt à un soulagement. Et il s’agit bien de cela à court terme: tout devient moins cher, ce qui est toujours positif pour votre portefeuille. Mais il serait dangereux d’aboutir dans une spirale de baisses continues qui mettraient en péril l’économie mondiale.  

Reporter les achats

La déflation ne devient problématique que lorsque les chutes de prix se produisent durant une longue période. Les consommateurs ont alors tendance à reporter leurs achats en attendant des prix plus bas. Ce qui est une réaction normale. Supposez : vous voulez acheter une voiture. Elle coûte actuellement 20.000 euros, mais suite à la déflation, cette même voiture coûtera 19.000 euros l’année suivante. Dans ce cas, de nombreux consommateurs voudront patienter encore un an.

C’est ce réflexe qui met les entreprises en mauvaise posture. Car si les consommateurs retardent leurs achats, les producteurs doivent diminuer leur production, causant un ralentissement ou même un repli de la croissance de l’économie. Et si à leur tour, les entreprises réduisent leurs coûts, des licenciements s’ensuivent, ce qui augmente le nombre de personnes qui devront réduire leurs dépenses. Et lorsque les magasins seront aussi forcés à réduire leurs prix, le cercle vicieux recommence.

Le prix des produits que nous achetons deviendront de moins en moins cher, et la valeur des produits que nous possédons ne fera que diminuer également.

La déflation, déjà maintenant?

A l’heure actuelle, peut-on déjà parler de déflation? La réponse est non. Le mois dernier, l’inflation se situait encore à 4,7%, il n’est donc pas encore question de déflation. Mais la crainte d’une déflation se propage déjà dans le monde boursier. Hier encore, les bourses ont chute partout dans le monde, suite à l’annonce de BASF et Umicore d’une diminution drastique de la demande. Les investisseurs craignent également la faillite du géant de l’automobile General Motors. "Les banques pourraient se retrouver avec des pertes de quelques milliards supplémentaires et l’économie mondiale pourrait se retrouver dans une spirale déflationniste", affirme le journal De Tijd.

Le consommateur doit-il s’inquiéter? Non. Pour le moment, la crainte d’une déflation ne touche que le monde boursier. Le danger de la déflation ne sera réel que si cette crainte se transmet à l’économie réelle.

Des signes de mauvais augure
Au secours...
... la récession est à nos portes
La suite

Bien qu’à l’heure actuelle, il ne soit question que d’inflation, de fortes chutes de prix ont déjà fait leur apparition. La crainte d'une récession entraîne le prix du pétrole vers le bas depuis quelques temps déjà, et les prix de l’alimentation diminuent également. La chute des prix des matières premières pourrait être le signe précurseur d'une déflation. Par ailleurs, les entreprises ont aussi commencé à diminuer leurs prix afin de contrer la diminution des ventes. Actuellement, cette évolution se fait surtout sentir dans le secteur automobile.

Bref, les conséquences de tout cela se font déjà sentir. A travers le monde, l’économie doit faire face à des ralentissements de croissance et la récession a déjà touché de nombreux pays. De plus en plus d’entreprises se portent mal et licencient un grand nombre de salariés. Dans notre pays, environ 10.000 employés ont perdu leur emploi durant les semaines précédentes. On estime que début décembre, entre 30.000 et 40.000 ouvriers seront en situation de chômage économique.  

En outre, les prix de l’immobilier à la traîne indiquent également une possible déflation dans le futur proche. Les logements restent plus longtemps sur le marché de la vente, car les candidats acheteurs attendent de nouvelles chutes de prix. On construit et on rénove moins, ce qui est également une mauvaise nouvelle pour les entreprises de construction et leurs salariés.

SV - 18:30 - 21/11/2008 Copyright © monargent.be

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