jeudi  02 septembre 2010 17:36 nl

Vos courses seront-elles bientôt plus chères?

BUDGET

Cette année, le marché des céréales risque d’être perturbé par la sécheresse qui sévit dans le nord-ouest de l’Europe, en Russie et en Ukraine. Les prix vont-ils forcément augmenter ?

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(mon argent/l’écho) – Vu la sécheresse actuelle, "les graines ont manqué d’eau en Europe, le rendement des cultures de céréales risque donc de ne pas être excellent cette année", explique Philippe Burny, professeur de développement rural et de politique agricole à l’Ulg-Gembloux Agro Bio Tech. Selon les premières estimations, les récoltes françaises de blé et d’orge seront inférieures à celles de 2009 avec respectivement 1,3 millions et 2 millions de tonnes en moins.

La Russie et l’Ukraine, le grenier à blé de l’Europe, est également victime des conditions climatiques de cet été : 20% de la totalité des cultures en Russie ont déjà été détruites par la chaleur. Les prévisions de récolte sont d’ores et déjà revues à la baisse par le ministère de l’Agriculture. Elles s’élèvent dorénavant à 85 millions de tonnes au lieu de 95.

Se pose donc cette question: la médiocrité des récoltes va-t-elle entraîner une valse à la hausse des étiquettes dans les grandes surfaces?

Moins de 10% du prix

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Rien n’est moins sûr. "En 2008, lors de la crise alimentaire, les produits n’avaient pas beaucoup augmenté, observe Philippe Burny. C’est le signe que les matières premières ne représentent plus grand-chose dans les prix pratiqués en magasins. Il y a la main-d’œuvre, l’énergie, les investissements divers. Dans le pain, le prix du blé payé à l’agriculteur représente moins de 10% du prix."

Opinion corroborée par Peter Haegeman, directeur des études à la Fedis (Fédération de la distribution): "Les produits sont de plus en plus sophistiqués en termes de texture, d’emballage, etc. Prenez les céréales pour le petit-déjeuner: l’offre est pléthorique, dans ces conditions la matière première ne représente plus grand-chose." La remarque vaut aussi pour les pommes de terre: finies les patates vendues en vrac, les pommes de terre sont proposées dans une foule de conditionnements différents avec une taille adaptée.

Volatilité sans conséquences

Matières premières
dans le portefeuille
Comment les gérer?

Si les distributeurs ne sont pas trop inquièts, c'est aussi parce qu'ils ont maintenant appris à vivre avec la spéculation: "L’industrie alimentaire s’est accommodée de cette volatilité. Il faut vraiment de très fortes variations comme il y a deux ou trois ans pour qu’il y ait un impact sur les prix en magasins", ajoute Peter Haegeman.

Du côté des industriels, Chris Morris, directeur général de la Fevia (Fédération de l’industrie alimentaire), ne croit pas à des hausses de prix. Du moins pas dans l’immédiat. "Les contrats entre les fournisseurs et les distributeurs sont négociés tous les ans. Il faut donc des éléments exceptionnels, comme il y a deux ou trois ans, pour qu’ils soient renégociés avant terme. Or, nous ne sommes pas dans la même situation. Si augmentation il devait y avoir, elle n’interviendrait donc pas avant le début de l’année prochaine."

Pour Chris Morris, tout dépendra aussi du jeu de la concurrence. "Quand le fournisseur augmente ses prix, le jeu normal de la concurrence s’enclenche dans la distribution. Dans ce genre de situation, tout le monde s’observe pour voir qui osera augmenter ses étiquettes le premier."

Pas d’augmentation en vue

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Les enseignes ne s’alarment pas non plus. Chez Colruyt, le directeur général Luc Rogge indique "ne rien voir venir" quant à une éventuelle augmentation du prix des produits céréaliers. Et quoi qu’il arrive, il ne bougera pas avant ses concurrents. Comme d’habitude.

"Nous ne prévoyons aucune augmentation dans l’immédiat, précise quant à elle Julie Stordiau, porte-parole de Carrefour Belgique; s’il devait y avoir une augmentation, elle n'interviendrait pas avant la fin de l’année et frapperait uniquement les grandes marques. Le consommateur peut toujours opter pour nos marques propres dont les prix n'augmenteront pas."

Comme quoi, à, chaque chose malheur est bon: la hausse des produits céréalier qui devrait a priori constituer un handicap, pourrait se transformer en opportunité marketing pour les distributeurs. Elle leur permettrait de renforcer leurs marques propres.

Déjouez les ruses des supermarchés

Découvrez comment la grande distribution et les fournisseurs s'arrangent pour vous faire payer vos aliments plus cher. Lisez notre article.

Caroline Sury - 15:25 - 27/07/2010 Copyright © monargent.be

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