Votre job est-il menacé par la crise?
BUDGETLa crise économique bat toujours son plein. Naturellement, des craintes surgissent au sujet du maintien de l'emploi dans le secteur financier. Mais ce n'est pas le seul secteur en danger...
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(mon argent/cnn money) – Le climat s'est calmé chez Fortis. Cependant, si les épargnants de Fortis ont été rassurés sur leur sort, les actionnaires doivent encore faire preuve de patience. Et en ce qui concerne le personnel de Fortis: suite au rachat de la banque par BNP Paribas, le Ministre des Finances s’est efforcé de le rassurer: le réseau de Fortis devrait être maintenu.
Cependant, le management de BNP Paribas est resté très prudent sur les mesures qu’il comptait prendre en Belgique, se contentant d’affirmer qu’elles étaient "à l’étude". On pense naturellement aux activités du siège, puisque le centre de décision de l’entreprise devrait logiquement se déplacer à Paris, ainsi qu’aux activités de private banking, que BNP Paribas a déjà commencé à développer en son nom sur le territoire belge. Cela pourrait potentiellement concerner 9.000 personnes sur les 20.000 salariés de Fortis en Belgique.
En temps de crise économique, toutes les entreprises cherchent à réduire leurs coûts et on aurait presque tendance à penser qu'aucun emploi ne soit garanti à l’heure actuelle. Mais est-ce vraiment le cas?
Licenciements pour garantir la santé financière
Depuis le début de la crise, les entreprises surveillent de très près leurs dépenses, quitte à prendre des décisions radicales si la nécessité se présente. Pour garantir leur santé financière, elles seront obligées de couper dans leurs coûts, autrement dit dans leurs investissements et naturellement, également dans leur capital humain.
Premiers visés: les hauts salaires
Lorsqu’une entreprise est obligée de réduire ses coûts, elle va s’intéresser aux employés qui disposent d’un salaire élevé, et qui donc, leur coûtent cher. Ceux-ci ont donc intérêt à bien justifier leur salaire: rentabilité et qualité sont les mots d’ordre.
Les fonctions "redondantes"
Bien entendu, une restructuration engendre (presque) toujours des risques de redondance de fonctions. Ainsi, si deux employés exerçaient la même fonction dans deux départements ou entités différents, il est fort probable que l’un d’entre eux doive s’intégrer dans un nouveau poste (dans le meilleur des cas) ou quitter son employeur (dans le pire des cas).
Les moins performants
D’après John Challenger, le directeur de la société Challenger, Gray & Christmas, la performance individuelle et le salaire joueraient un rôle prépondérant dans le choix du licenciement. Les employés récemment engagés ne seraient donc pas nécessairement les premiers visés. Ainsi, les employeurs se basent dorénavant sur le rôle (efficace ou non) joué par l’employé au sein de son équipe. Les plus productifs et ceux qui fournissent du travail de qualité devraient être rassurés.
Mot d’ordre: flexibilité
Les entreprises qui survivent à la crise sont celles qui en tirent des leçons et qui s’adaptent. Celles-ci vont donc analyser chaque département (coût, fonctionnement, productivité,…) afin de trouver des domaines qui peuvent être "sacrifiés" sans mettre en péril le succès de leur activité principale et des projets et objectifs planifiés.
Il n’est donc pas rare de voir des entreprises restructurer (ou carrément licencier tout) un département s’il n’est pas rentable ou s’il coûte trop cher par rapport à ce qu’il rapporte.
Du côté des employés, ce sont également ceux qui font preuve de flexibilité qui s’en sortiront le mieux. L’employé "caméléon" capable de transformer une situation problématique en opportunité de carrière ne devra pas trop s’inquiéter. Il saura s’adapter à une nouvelle fonction ou à de nouvelles responsabilités.
Secteurs "à risque"
Des entreprises dans de nombreux secteurs ont mis en attente leurs plans de recrutement ou d’expansion. En outre, les employeurs qui recrutent le font de manière plus sélective. Voici quelques secteurs qui souffrent de la crise actuelle:
- Bien entendu, le secteur de la finance est le premier touché. De manière générale, les secteurs qui se trouvent en première ligne face à la crise financière sont les premiers touchés (traders, conseillers financiers, agents bancaires,etc).
- De même, la crise économique et le prix des matières premières influencent les comportements d’achat des consommateurs, ce qui se répercute sur les fabricants automobiles et les compagnies aériennes ainsi que tout leur personnel par exemple.
- En ces temps incertains, les candidats acheteurs deviennent plus critiques dans leurs choix, quitte à postposer l’achat d’un bien immobilier. Si le secteur immobilier ralentit, cela aurait des conséquences non seulement pour les sociétés de construction, les ouvriers et corps de bâtiment, mais également pour les agences immobilières ou autres experts.
- Tous les métiers liés au commerce des besoins de niveau secondaire et tertiaire (en résumé, tout ce qui ne concerne pas les besoins primaires de nourriture, d’habillement,…), qu’il s’agisse de la vente d’espace publicitaire pour les départements marketing ou de la vente d’un nouveau modèle de voiture pour les concessionnaires automobiles, risquent également de ressentir les conséquences de la crise.
- La croissance du secteur technologique belge devrait être divisée par deux cette année et à l'arrêt en 2009. "Les commandes sont en forte baisse, les crédits pour les investissements et les achats deviennent plus chers et les coûts énergétiques continuent de grimper", relève Agoria. Environ 3.000 emplois devraient disparaître du secteur en 2009.
A qui profite la crise?
- En premier lieu, les métiers liés directement aux problèmes d’argent devraient s’en sortir sans trop de dégâts: les sociétés de recouvrement de créances, les huissiers, les gestionnaires de dettes, etc.
- En outre, en période de récession, les vols et cambriolages ont tendance à augmenter, et c’est au bénéfice des métiers liés à la sécurité, des policiers aux surveillants de prison en passant par les pompiers et les compagnies d’assurances.
- Les métiers qui ne devraient pas non plus souffrir de la crise sont les métiers exercés dans les entreprises funéraires ou les métiers dans le domaine de la santé et action sociale par exemple. En effet, d’après une étude publiée par le Bureau Fédéral du Plan (BFP), c’est ce secteur qui enregistrera la plus forte croissance en termes de création d’emplois d’ici 2013.
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