Crédit hypothécaire: le taux fixe, tel le phénix?
DOSSIER: BATIBOUWL’achat d’un bien immobilier peut s’envisager, d’après les spécialistes sondés dans le cadre de notre baromètre. Fort bien, mais à quelles conditions de financement?
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(mon argent) - On le sait, le taux variable annuellement a la cote depuis quelques mois. Dans certaines institutions bancaires, elle il a même damé le pion au taux fixe. « Cela me fait peur », affirme d’emblée Pascal Lasserre, courtier et président de l’Association des courtiers professionnels du crédit (APCC) : « La plupart des candidats à l’achat qui viennent nous voir ont déjà reçu, pour 99% d’entre eux, une proposition d’une banque pour un taux variable. C’est assez effrayant car j’y vois un manque de réflexion et d’analyse ».
Différentiel en régression
Et pour cause: comme la plupart des experts sondés, l’homme parie sur un resserrement du différentiel entre taux courts (3 mois) et taux longs (10 ans). Légère hausse du premier, légère baisse du second: la situation serait alors vite moins favorable aux taux variables annuellement. «Nous sommes en tout cas à un moment-charnière au niveau des financements. Le différentiel, il y a deux ans, était quasi nul. Il est aujourd’hui de 1,5% mais devrait se resserrer de 0,5% dans les prochains mois, sauf événement économique majeur, comme la possibilité que la Grèce fasse des petits», poursuit l’expert en crédits. D’ici à deux ans, par contre, Pascal Lasserre pointe la possibilité que les énormes déficits des Etats-membres provoquent une hausse de l’inflation et des taux longs, histoire de réduire naturellement ces déficits… Cela aurait évidemment une incidence sur les taux de financements. Actuellement, le taux variable annuellement oscille aux alentours de 3%. Le taux fixe, lui, est à 4,5-4,6%.
Taux fixe à nouveau en vogue
Cela dit, le taux fixe mérite qu’on s’y attarde à nouveau. D’un point de vue purement fondamental, la reprise attendue au second semestre et le retour concomitant de l’inflation (modestement) devraient amener les taux longs à progresser un peu. En termes nominaux s’entend. Pas vraiment en termes réels. La charge d’emprunt va ainsi progressivement peser moins lourd dans le portefeuille.
En attendant, le taux fixe pourrait reprendre du poil de la bête, au détriment du taux variable. D’autant que les taux de référence liés aux taux variables annuellement sont à un plus bas historique (février) et que la probabilité qu’ils augmentent est forte. «Actuellement, les emprunteurs ne se plaignent pas car la différence entre taux du marché et taux de crédits leur est favorable (de 0,5% en moyenne). Mais il faut aussi savoir que les taux variables annuellement ne reflètent pas toujours la situation sur le marché. Cela peut parfois jouer en défaveur des emprunteurs, comme en 2008. Les taux de crédits variables révisés étaient alors de 0,5% supérieurs à ceux que l’on pouvait obtenir en souscrivant un nouvel emprunt, précise le courtier. «Nous avons fait une demande de révision de la loi auprès des autorités pour que le taux de crédit variable colle davantage à la réalité du marché mais elle est restée sans suite pour le moment… »






