Un centre Microsoft à Mons en 2009
DOSSIERSEn visite en Belgique, Steve Ballmer a officialisé le partenariat de Microsoft avec la Région wallone. Cet investissement sera davantage intellectuel que financier, et permettra la création d'environ 250 emplois.
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Entre temps, le médiatique PDG de la firme de Redmond a dévoilé et officialisé deux partenariats. Le premier avec la SNCB pour la fourniture en temps réel d'informations aux voyageurs via Windows Live (lire l'encadré). Le second avec la Région wallonne.
La SNCB via Windows Live
C'est, paraît-il, une première mondiale. Profitant du passage du PDG de Microsoft en Belgique, le patron de la SNCB Marc Descheemaecker a annoncé la conclusion d'un partenariat avec la firme de Redmond. L'objectif est d'offrir via la plate-forme Windows Live de l'information personnalisée 24 heure sur 24 et 7 jours sur 7 aux 350.000 usagers quotidiens de la SNCB: ceux-ci seront avertis via des alertes sur leur PC, e-mail ou SMS des éventuels incidents, retards et annulations de trains sur la ou les lignes qu'ils empruntent. «La SNCB a terminé sa phase de restructuration, la ponctualité s'est améliorée, il s'agit maintenant de développer le service au client», souligne le patron de la SNCB. L'outil se veut interactif: à côté de l'information envoyée en temps réel par l'opérateur ferroviaire, le voyageur pourra lui-même demander des renseignements en direct via un «live agent», une sorte de guichetier virtuel. Ce service, qui sera gratuit, fera l'objet d'un test auprès de plusieurs milliers de clients dans la seconde partie de l'année, mais aucune date de lancement a grande échelle n'a encore été fixée.Comme annoncé en primeur début avril par «L'Écho», Microsoft va en effet implanter, en collaboration avec la Région wallonne, son centre d'innovation (Microsoft Innovation Center, ou «MIC») dans le parc technologique Intialis de Mons. L'outil sera inauguré en janvier 2009.
250 emplois
Les éminences wallonnes, Jean-Claude Marcourt, ministre de l'Économie, et Elio Di Rupo, qui avait pour l'occasion coiffé sa casquette de maïeur de la cité du Doudou, n'étaient pas peu fières d'officialiser ce partenariat qui intervient presque un an jour pour jour après l'annonce de l'arrivée de Google à Baudour. «Nous voulons passer en dix ans de l'industrie lourde à une économie de la connaissance, relève Elio Di Rupo. L'innovation numérique jouera un rôle crucial dans notre avenir.» Ne pouvant dissimuler son bonheur, Jean-Claude Marcourt souligne quant à lui «qu'il s'agit d'une étape importante dans le plan Marshall qui démontre l'attractivité d'une Wallonie qui veut s'inscrire dans les technologies de l'information et de la communication.»
La Région wallonne investira deux millions d'euros sur trois ans dans ce projet qui devrait permettre la création de 250 emplois «directs et indirects» durant la période 2009-2011.
Matière grise
Du côté de Microsoft, Steve Ballmer s'est contenté de dire qu'il s'agissait «d'un investissement à long terme à la fois technologique (R&D) et humain (transfert de connaissances)». De fait, à bonne source, on nous précise que la firme de Bill Gates n'injectera que 1,2 million d'euros sur trois ans. C'est donc essentiellement de la matière grise que Microsoft apporte dans la corbeille.
À titre de comparaison, pour la création de son «data center» (centre de données ) à Baudour qui, permettra la création de 120 emplois directs, Google a débloqué 250 millions d'euros, la Région wallonne investissant 12,5 millions d'euros dans le cadre des aides à l'expansion économique. Toutes proportions gardées, la contribution financière de Microsoft paraît donc légère. D'autant que parmi les partenaires de l'opération, on trouve d'autres acteurs publics comme l'intercommunale Idea ou l'Invest Mons Borinage Centre. On devrait en savoir plus sur le montage financier de l'opération lors d'un conférence de presse donnée par les acteurs du dossier ce vendredi.
Cinq à dix start-up
Concrètement, ce «MIC» doit inciter les développeurs, fournisseurs de logiciels, étudiants et entrepreneurs à imaginer et développer des
solutions logicielles innovantes. Dans un premier temps, il concentrera son attention sur le développement d'applications liées au domaine des soins de santé («e-health»)
Il entend donc favoriser l'esprit d'entreprise. «Le MIC sera un incubateur», a souligné Steve Ballmer. D'ici trois ans, Microsoft et la Région wallonne ambitionnent la création de cinq à dix nouvelles start-up.
