"Les actions progresseront de 10% en 2010"
INVESTIRMalgré le sensible redressement des marchés boursiers en 2009, le climat demeure favorable en Bourse. Cependant, rien ne permet d'espérer une nouvelle ascension des actions. "Fin 2010, les actions auront derrière elles une hausse de 10% maximum", estiment les experts boursiers sondés par Mon Argent.
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(mon argent) - Tous les trimestres, Mon Argent rencontre un panel d’analystes boursiers et les sonde par rapport à leurs attentes à l’égard des marchés boursiers et de l’économie. A la veille de la Nouvelle Année, les analystes maintiennent la pondération des actions au sein d’un portefeuille neutre à 48%. C’est autant que lors du précédent sondage il y a trois mois, lorsque la plus importante pondération depuis 2006 était accordée aux actions.
Les experts sont-ils à ce point optimistes? Pas seulement, car selon eux, les gains plantureux ne sont plus à espérer désormais. Pour les trois prochains mois, les analystes tablent en moyenne sur une progression des cours de 3% pour le DJ Euro Stoxx 50. Pour l’ensemble de l’année 2010, ils tablent sur une augmentation de 10%.
La raison pour laquelle les analystes attribuent une telle pondération aux actions est simple: les alternatives sont rares. Trois facteurs contribuent au climat actuellement favorable sur les marchés boursiers. Tout d’abord, les taux d’intérêt historiquement faibles, résultat d’une politique monétaire souple. Deuxièmement, l’amélioration des indicateurs économiques et des bénéfices des entreprises. Enfin, l’afflux massif de liquidités.
Bénéfices
Par rapport aux bénéfices des entreprises, les analystes sont optimistes. En moyenne, ils estiment que les grandes sociétés européennes enregistreront l’an prochain une hausse de leurs bénéfices de 15%. Steven Steyaert d’ING Investment Management anticipe même une hausse du bénéfice moyen de 30% soutenue par des économies de coûts substantielles et une croissance du chiffre d’affaires modeste.
Au niveau des faibles taux d’intérêt, autre moteur des marchés boursiers, la donne ne devrait pas non plus changer rapidement. En ce qui concerne les taux de court terme, les analystes anticipent une hausse limitée. En moyenne, le taux de court terme attendu fin 2010 s’élève à 1,4%. La moitié des experts escomptent un relèvement des taux par la BCE à 1,5%. L’impact ne serait pas forcément négatif sur les Bourses. "Le relèvement de taux est en fin de compte la confirmation d’une amélioration de la situation économique, ce qui peut être interprété de manière positive par le marché", affirme Gert Bakelants de L’Investisseur.
Les conséquences d’une hausse des taux à long terme peuvent être dangereuses. Mais là non plus, les analystes ne prévoient pas de forte augmentation. En moyenne, ils anticipent un niveau de 3,8% d’ici fin 2010, ce qui est à peine plus que le niveau actuel.
Risques
La hausse du taux à long terme n’est pas le seul risque pour les marchés boursiers. Les analystes mentionnent également le double creux de l’économie. Selon Philippe Gijsels de BNP Paribas Fortis, ce risque n’est pas à sous-estimer. "L’économie mondiale enregistrera une croissance bien moins sensible que prévu", estime-t-il. Patrick Casselman, stratégiste senior en actions chez KBC Private Banking, partage cette idée mais anticipe tout de même une hausse des marchés. "La crainte d’un double creux est justifiée mais finalement, je crois au scénario d’une hausse boursière généralisée portée par l’afflux de liquidités", affirme Casselman.
Parmi les secteurs favoris, les analystes ont une préférence évidente pour les secteurs défensifs, ceux-là même qui sont restés en retrait pendant le récent rebond. "Vu la forte hausse des valeurs cycliques, nous sommes confrontés aujourd’hui à une situation unique: les actions et les secteurs défensifs sont même moins chers que le marché", affirme Gert Bakelants. Ces secteurs disposent toujours, selon le rédacteur en chef, d’atouts non négligeables. "Hormis la nature des activités comme les télécommunications et la pharmacie, la santé du bilan de l’entreprise détermine également le caractère ou non défensif. Ce sont précisément ces secteurs défensifs qui disposent de liquidités et peuvent exploiter les conditions de marché pour réaliser des acquisitions. Ce sont également ces secteurs qui affichent des rendements de dividendes élevés", conclut Bakelants.
Samedi 19/12 dans Mon argent, gratuit avec L'Echo
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