samedi 31 juillet 2010 20:23 NL

Comment les entreprises vous trompent sur leurs chiffres

INVESTIR

Les comptes annuels des sociétés cotées en Bourse sont publiés l’un après l’autre. Et il contiennent une mine d'information pour les investisseurs. Raison pour laquelle certaines sociétés n'hésitent parfois pas à faire usage de trucs et ficelles pour "corriger" un peu les choses.

Se connecter

?
est la somme de 2 + 6

(mon argent/investopedia) – Comment les sociétés cotées en Bourse ont-elles traversé 2009, cette année de crise ? Quels sont les pronostics pour 2010? À présent que la saison des résultats bat son plein, ces questions sont sur les lèvres de bien des investisseurs. Mais les entreprises qui n’ont pas de très bonnes nouvelles à annoncer pourraient bien être tentées de les camoufler, dans l’espoir que l’investisseur ne le remarque pas. Quels sont leurs trucs?

Mauvaise nouvelle? Le vendredi!

"Timing is everything"… même lorsqu’une entreprise doit annoncer une mauvaise nouvelle. Une recette éprouvée consiste à attendre le vendredi soir pour la diffuser. La société espère qu'information sera ainsi connue d’un nombre plus limité de personnes, mais aussi que le week-end constituera une période de réflexion bienvenue, empêchant les investisseurs de jeter immédiatement leurs actions sur le marché.

Bien habiller la mauvaise nouvelle

Les départements de communication savent qu’il faut "mettre l’accent sur la bonne nouvelle en l’exprimant aussi clairement que possible et cacher la mauvaise sous des constructions alambiquées".  Exemple: "Nous nous attendons à une pression constante sur la marge affectable des consommateurs et à une activité accrue de nos concurrents." En fait, le message est le suivant: "Nous nous attendons à ce que le chiffre d’affaires baisse et à ce que la concurrence se rapproche dangereusement." Soyez toujours vigilants face à des termes comme "tension", "pression", "défi"…

Mettre en avant la bonne nouvelle

Le communiqué qui accompagne la publication des comptes annuels met souvent fort l’accent sur les bonnes nouvelles. Chiffres positifs en gras, pronostics flatteurs en italiques… Sans aller jusqu’à camoufler les nouvelles négatives, certains responsables de la communication espèrent néanmoins que, sa paresse aidant, le lecteur ne prendra pas la peine de dépasser ces slogans pour lire entre les lignes.

Cacher la mauvaise nouvelle sous la bonne

Lancement d’un nouveau produit, gain d’un nouveau client, signature d’une commande importante… ces annonces tombent souvent au bon moment lorsqu’une entreprise doit communiquer de mauvais résultats. Certaines entreprises s’efforceront ainsi de masquer l'annonce de bénéfices inférieurs aux attentes sous une couche de bonnes nouvelles.

Conseils pour la lecture des comptes annuels
  • Ne vous contentez pas de lire le communiqué de presse publié à l’occasion. Pour interpréter correctement ces chiffres, reportez-vous au rapport même. C’est là que l’investisseur trouvera toutes les informations dont il a besoin.

  • Le bénéfice n’est pas tout. Le « bénéfice » est un terme à tiroirs. Le bénéfice peut provenir tant du rendement d’investissements que de la vente d’actifs. En soi, il ne dit pas grand-chose de la santé financière de l’entreprise. Intéressez-vous plus à la situation de trésorerie. L’entreprise qui possède un cash-flow suffisant peut faire face à ses obligations financières à court terme et possède encore de la marge pour investir.

  • Origine du chiffre d’affaires? Les données de chiffre d’affaires permettent à l’investisseur de savoir si l’entreprise commercialise avec succès ses produits ou services. L’évolution trimestrielle très instructive, tout comme l’origine du chiffre d’affaires. La hausse du C.A. résulte-t-elle d’une croissance interne ou de l’acquisition d’autres sociétés ? Si les activités phares de l’entreprise se tassent, c’est mauvais signe.

  • Ne vous contentez pas d’une seule entreprise. Les chiffres d’une entreprise ne s’interprètent correctement que par comparaison avec ceux d’entreprises similaires du même secteur. Si l’entreprise sous-performe, mais que ses collègues du secteur le font aussi, c’est moins dramatique que si elle est la dernière de la classe.

SV - 13:14 - 15/02/2010 Copyright © monargent.be

Lire plus d'articles sur: Investir

Investissez sans risques
Payez moins d'impôts

Finances personnelles

Pour vos vacances, avez-vous dépensé plus que l’année dernière?

Recevoir la newsletter

Posez votre question à la rédaction