Les étudiants noyés dans les coûts
ETUDESContrairement à certaines croyances, l'enseignement supérieur n'est pas gratuit ou si bon marché que cela en Belgique. Le coût des études supérieures ne se limite en effet pas uniquement au minerval et peut dépasser les 10.000 euros par an pour les étudiants qui kottent.
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(m24/belga) - La Fédération des Etudiants Francophones (FEF) et la Vlaamse Vereniging van Studenten (VVS) dénonces les coûts supplémentaires au minérval et lancent dès lors la plate-forme ResPACT afin de demander que des mesures soient prises pour réduire le coût des études dans l'enseignement supérieur.
La Belgique a ratifié en 1983 le Pacte International de l'ONU, dit Pacte de New York, relatif aux droits économiques, sociaux et culturels, dont l'article 13 stipule que "l'enseignement supérieur doit être rendu accessible à tous en pleine égalité (...) notamment par l'instauration progressive de la gratuité". Or selon la FEF et la VVS, contrairement à certaines croyances, l'enseignement supérieur en Belgique n'est pas gratuit ou si bon marché que cela et la Belgique ne respecte donc "pas vraiment le Pacte".
Logement, alimentation et transport
La FEF a réalisé une enquête auprès d'étudiants des établissements de l'enseignement supérieur de Communauté française sur leurs dépenses dans le cadre de leurs études. Si cette étude n'a pas un caractère entièrement représentatif, elle a toutefois permis d'obtenir des informations concrètes par rapport à la condition étudiante, a expliqué la FEF.
"On croit que les études supérieures sont gratuites ou peu chères, mais souvent on ne tient compte que du prix du minerval. Or d'autres coûts entrent en ligne de compte comme le logement, l'alimentation, les coûts divers et les transports", a indiqué le président de la FEF, Mathias El Berhoumi.
Des coûts jusqu'à 12.000 euros pour les kotteurs
Ainsi, pour un étudiant qui ne kotte pas, les coûts avoisinent les 6.000 à 7.000 euros, pour atteindre 10.000 à 12.000 euros pour ceux qui kottent. Et ces coûts augmentent chaque année, dénoncent Mathias El Berhoumi et Mattias Willems de la VVS, ce qui peut hypothéquer la réussite des étudiants, de plus en plus souvent obligés de travailler pour financer leurs études, mais pose aussi problème quand à l'accès de ces études à tous.
"Contrairement à certains pays européens, la Belgique n'a pas de politique d'aide au logement pour les étudiants, le parc locatif pour les étudiants est relativement faible et il n'y a pas de réglementation spécifique des baux étudiants", a notamment expliqué le président de la FEF.
Lancement d'une pétition nationale
La FEF a dès lors pris l'initiative de fédérer, autour de la revendication d'un enseignement supérieur qui tend vers la gratuité, un certain nombre d'acteurs de la société civile, en créant la plate-forme ResPACT. Une charte a été rédigée et les organisations signataires exigent que soient prises "des mesures et des engagements politiques afin de faire respecter l'article 13 du Pacte de New York et donc opérer une diminution des coûts directs et indirects liés aux études".
La plate-forme nationale ResPACT lancera dans le futur différentes actions dont la première, une pétition nationale, est lancée dès ce jeudi, afin que des mesures soient prises par la société et le politique avant les élections régionales de 2009.






