samedi 31 juillet 2010 20:23 NL

L'immobilier est-il trop cher en Belgique?

HABITAT

C’est la question que tout le monde se pose et c’est la bonne question. Demandez à votre voisin: “une maison, est-ce encore à la portée d’un jeune ménage?” Il vous répondra à coup sûr: “Non. Et c’est scandaleux”.

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est la somme de 4 + 7

(mon argent) - Curieuse amnésie: s’il est propriétaire, et il y a trois chances sur quatre qu’il le soit puisque 75% des Belges sont propriétaires d’un logement au moins, il a dû oublier qu’une maison, ça n’est pas, ça n’a jamais été et ce ne sera sans doute jamais à la portée du jeune ménage – y compris le sien à l’époque. Pourtant, les trois quarts des Belges l’ont fait. Cela fait penser à ce qu’on dit de ces créateurs d’entreprise qui sont partis de rien: ils l’ont fait parce qu’ils ne savaient pas que c’était impossible.

Bulle ou pas?

Alors que les informations en provenance de ceux qui sont en première ligne sur le marché résidentiel belge – notaires, courtiers - font état d’une stagnation ou d’un tassement des prix du résidentiel l’année dernière – une année dernière dont la Banque nationale vient de confirmer qu’elle fut la pire depuis la seconde guerre mondiale -, c’est des observateurs internationaux que viennent les mises en garde. Tour à tour, plusieurs institutions ont mis en exergue la cherté de notre marché. Le Fonds monétaire international (FMI), en avril 2008, estimait que “le logement en Belgique est surévalué de 17%”. Ensuite, l’antenne belge de la banque néerlandaise ING a affirmé en février 2009 que “la restauration du niveau d’accessibilité des biens immobiliers à leur niveau de 2003 serait de 16%”, ce qui nécessiterait un ajustement des prix du même ordre. Enfin, la semaine passée, l’hebdomadaire britannique « The Economist », d'après leur base de données sur les prix du logement, montrait que c’était en Belgique que les prix avaient grimpé le plus, bien plus qu’aux Etats-Unis ou au Royaume-Uni, par rapport à l’évolution du revenu médian (voir www.econoshock.be/2010/belgian-real-estate-bubble/). Autrement dit, pour les uns il n’y a pas de bulle résidentielle en Belgique; pour les autres bien. Etonnant, non, cette divergence de vues?

Deux constats viennent renforcer la thèse de ceux qui pensent qu’il n’y a pas de bulle résidentielle dans notre pays. Ou, du moins, pas de bulle inquiétante. Des ondulations sont toujours possibles.

Prix alignés sur le PIB

Le premier constat vient de l’international, en l’occurrence du réseau américain d’agences immobilières ERA. Ce dernier publie chaque année un "Europe Market Survey" dont on peut notamment déduire de la dernière version (2008-2009) que dans la plupart des pays d’Europe, les prix du résidentiel sont et restent alignés sur le produit intérieur brut (PIB) par habitant. Le tableau ci-dessous montre que la Belgique figure en bonne position dans le double classement PIB et prix du logement. Si surévaluation il y a, elle n’est que d’une place sur neuf. Si… surévaluation il y a puisque, par rapport aux autres pays d’Europe, le prix moyen du résidentiel est chez nous dans la partie basse du classement. Alors que la France, dont le PIB par tête est inférieur, se classe, elle, nettement plus haut dans le hit-parade des prix. C’est plutôt chez nos voisins du Sud qu’il y a surévaluation!

Produit intérieur brut et prix moyen du logement

PIBPrix moyen du logement
1. Suisse 40.900 €1. Suisse 392.000 €
2. Irlande 35.000 €2. Irlande 259.000 €
3. Pays-Bas 33.900 €3. France 255.000 €
4. Autriche 33.800 €4. Pays-Bas 243.000 €
5. Suède 30.500 €5. Italie 240.000 €
6. Allemagne 29.100 €6. Belgique 192.000 €
7. Belgique 28.800 €7. Suède 173.000 €
8. France 26.900 €8. Autriche 170.000 €
9.Italie 25.200 €
9. Allemagne* 162.000 €

* Ex-République fédérale uniquement (Allemagne de l’Ouest)

Source: 2008 / 2009 ERA Europe Market Survey Report

2009: pas une année de crise

Deuxième constat, celui effectué par Marc Dekeuleneer, président de la Commission d’étude sur le marché du logement de l’Union des géomètres experts de Belgique (UGEB). L’UGEB publie chaque année au printemps les résultats des travaux de cette commission d’étude. En avant-première, Marc DeKeuleneer confie que « sur la base des chiffres actuellement collectés pour 2009, je ne me souviens pas d’avoir constaté des accidents. Alors qu’au sortir de la crise immobilière précédente, 1989-1990, il y a eu des accidents". Des accidents? "Oui, des biens achetés à des prix fort élevés qui ne trouvaient plus preneur quelques années plus tard. Je n’ai rien vu de pareil l’an passé". Pourtant 2009 était bien une année de crise? "Non. La situation était très mauvaise au dernier trimestre 2008 et au premier trimestre 2009". La question reste ouverte: d’où vient la divergence de vues entre certains observateurs étrangers et les autochtones sur la situation réelle du marché du logement dans notre pays, sachant que pour qu’il puisse acquérir un bien immobilier, l’acheteur doit disposer des capitaux ou des revenus nécessaires? Affaire à suivre...

JB - 16:10 - 19/02/2010 Copyright © monargent.be

17 Réactions

  • lavoisier le 11 mars 2010 à 18:56

    @larchitecte - merci, je viens de lire le dossier, il est très intéressant. En effet, si les prix de l'immobilier sont vraiment 3 fois plus chers qu'ils devraient être, ce n'est pas une chute de 40% qu'il faut s'attendre, mais de 67%. Mais est-ce que ça peut vraiment arriver? Même avec la crise actuelle, qui était une très bonne occasion pour rétablir un équilibre, on n'a eu que très peu de correction (ici en Europe, parce qu'aux Etats Unis c'est le carnage). Est-ce qu'on va subir le même effet ici, avec quelques années de décalage?

  • larchitecte le 10 mars 2010 à 21:44

    il suffit de lire les statistiques du spf economie:chiffres clés de l'immobilier!depuis 1975,le prix de vente moyen d'une maison d'habitation a été multiplié par 9 (neuf) alors que le niveau général des prix s'est accru d'un facteur 3 (trois).il doit y avoir bulle dans ces conditions

  • lavoisier le 08 mars 2010 à 19:40

    @oselaverite - 40% de baisse d'ici à 2015? Ce serait catastrophique! Est-ce que je peux demander d'où vient cette prévision? (J'avoue que je ne connais pas Eugène Carmignac). J'ai un rendez-vous pour l'achat d'un apartement ce mecredi; maintenant je ne suis plus sur s'il vaut vraiment la peine y aller.

  • oselaverite le 03 mars 2010 à 23:04

    TROP CHER, CAR IMMOBILIER SURÉVALUÉ DE 40 %. Il y a une valeur objective que l'on cherche à masquer. Rien à voir avec la valeur à laquelle on souhaite vendre ou à laquelle on est prêt à acheter. Ma théorie est déconcertante pour les promoteurs et les agences qui cherchent à s'engraisser, mais c'est le réalité. Je ne cesse de le répéter comme Eugène Carmignac : acheter une maison aujourd'hui c'est subir les retombées d'un krasch immobilier que je prévois et qui peut osciller autour de 40 % dans les cinq ans qui viennent. Donc acheter de l'immobilier comme placement est une folie. À la limite acheter un taudis à Charleroi pour y vivre momentanément. Seuls les friqués peuvent encore acheter une maison à 250000 euros. Une maison vendue à 250000 euros ne vaut fondamentalement que maximum 150000 euros (et encore...) en tenant compte d'un rendement net de 5% sur vingt ans.

  • J-P le 02 mars 2010 à 19:55

    @le vengeur masqué Bien sûr, l'offre et la demande... Dommage qu'il n'existe aucune statistique reprenant les "immeubles d'habitation" achetées pour en faire des "immeubles professionnels" en tout ou en partie !!! Là, on constaterait effectivement que les prix augmentent, mais uniquement parce que les acheteurs surenchérissent ou achètent au plus haut prix et cela, aidés par des aides fiscales inaccessibles aux acheteurs Lambda. Ca, c'est de l'injustice organisée au détriment des petits ! J'ai vu une maison 4 façades, estimée 160.000€ partir à 245.000€, achetée par une famille de dentistes afin d'y établir leurs cabinets (au pluriel !) ainsi qu'un petit logement de fonction. Mais dans les statistiques, c'est une maison d'habitation dont la vente a répondu à l'offre...

  • pierre de rosieres le 02 mars 2010 à 17:04

    C'est le moment de vendre à la côte flamande, avant le tsunami flamand; c'est le moment d'acheter en Wallonie, à une altitude de 75 mètres: on y trouvera bientôt de nouvelles plages

  • fundeee le 22 février 2010 à 17:58

    La hausse de ces dernières annnées a mis hors marché la plupart des gens qui jusqu'il ya peu aurait pu s'acheter quelque chose dee raisonnble sans devoir s'endetter sur 30 ans a du 1400 euros / mois.. Ce n'est pas juste cher, c'est surtout la charge de l'emprunt qui est souvent énorme en comparaison des revenus disponible. La tendance reste à la baisse pour l'instant... Beaucoup de gens doivent revoir leur prétentions lors de la vente d'un bien. Enfin c'est une bonne chose qu'immoweb joue la transparence pour une partie des biens sur leur site

  • le vengeur masqué le 22 février 2010 à 14:51

    @fundeee Un marché, c'est le résultat d'achats et de ventes. Comment expliquer, si le logement est trop cher en Belgique, que la plupart des biens mis sur le marché finissent par trouver preneur? Par ailleurs, je n'ai jamais entendu les vendeurs dire que l'immobilier était trop cher. En fait, chaque acheteur (y compris ceux qui trouvent que tout est trop cher) finit par devenir vendeur un jour (pour rejoindre les rangs de ceux qui trouvent que le prix qu'ils obtiennent n'est pas suffisant). Je maintiens mon point de vue : l'immobilier est cher en Belgique, vu le niveau moyen des revenus. Mais il n'est pas trop cher.

  • fundeee le 21 février 2010 à 16:48

    @mh516586; bien entendu Bruxelles est une capigtale, mais son envergure / aura est loin d'etre comparable a Partis ou Londres. c'est une justification qui ne tient pas la route, et puis, en Belgique il n'y a pas que Bxl... L'immobilier est bien entendu trop cher, surtout en tenant compte du revenu moyen disponible par ménage en Belgique. Enfin n'oublions pas que notre pays est parmi les plus taxés au monde crf forbes misery index

  • mh516586 le 20 février 2010 à 18:19

    La valeur de biens immobiliers en Belgique étaient sous-évaluées par rapport à la plupart des capitales des pays qui nous entourent. Les prix se sont plus ou moins corrigés. Nous avons constaté qu'en même temps que les taux d'intérêts diminuaient, le coût de construction au m2 augmentait... et donc...les mensualités d'emprunts n'ont pas baissés. Malheureusement nous devrons apprendre à vivre avec. Pourquoi l'immobilier devrait-il être moins cher à Bruxelles qu'à Londres, Paris ou New York? Bruxelles n'est-elle pas la capitale de l'Europe?

  • fundeee le 20 février 2010 à 10:11

    en 1980, la maison a couté 1800 000 fb, la meme aujourd'hui fait 300 000 euros .... meme a 12%, cela fait 400 euros par mois, le remboursement était de 14000 fb, on de toute facon un rapport de 1->6, le salaire n'a pas suvi la mme progression ce n'est pas un probleme d'interet, mais bien un decalage entre la valeur d'achat de l'epoque et aujourd'hui.. mme a 80000 fb pour les revenus du couple, cela reste tres peu comme remboursement. La maison de mes beaux parents a été achetée en 82 pou 75000 euros , la meme aujourd('hui en vaut 600 000 .... chercher l'erreure!

  • sinterklaas72 le 19 février 2010 à 17:00

    @le vengeur masqué effectivement les prix de l'immobilier ont augmenté par rapport aux revenus, ce qui a été compensé par la baisse des taux (d'où baisse des annuités mensuelles). La question porte sur le futur: peut-on encore imaginer une baisse des taux? QUe se pass-t-il en cas de forte hausse du chômage?

  • le vengeur masqué le 19 février 2010 à 16:31

    @le vengeur masqué ... je poursuis encore, ce qui est tout à fait faux, c'est le chiffre de 300 euros pour financer un logement. A cette époque, avec 300 euros par mois, on pouvait emprunter un peu plus de 25.000 euros. les taux étaient à 13 %. Il était impossible de trouver un logement à ce prix. Une petite villa en périphérie de Bruxelles coûtait à peu près le double. Vous vous êtes pris les pieds dans les chiffres...

  • le vengeur masqué le 19 février 2010 à 16:29

    @le vengeur masqué .... je poursuis, même deux universitaires (débutants) ne gagnaient pas ça. Ceci dit, il y a toujours des situations exceptionnelles. Mais ce qui est tout à fait fa

  • le vengeur masqué le 19 février 2010 à 16:27

    @fundeee Désolé, mais vos chiffres ne tiennent pas la route. 2500 euros nets pour un jeune ménage en 1980, c'était vraiment énorme. Même deux universit

  • fundeee le 19 février 2010 à 14:36

    Quand mes parents ont achetés , jeune couple en 1980, il était facile de ne consacrer que 300 euros sur les 2500 euros net du menage, aujourd'hui, le décalage est évident, il nous faudrait rembourser plus de 1200 euros par moi pour acheter la maison de mes parents, sur un revenu net du couple de 3500.. , les salaires ont augmentés , le prix des maisons beaucoup plus !

  • jt592391 le 19 février 2010 à 14:05

    Certainement,le logement est trop chèr,chez nous!Ceux qui ne savent acheter,louent!Des dizaines de millier de nos concitoyens sont en attente d'un logement..social et c'est pas la panacée(le prix,certainement!),mais il faut la bonne carte!

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